Une expérience unique
Rencontre avec Philippe Paustian, chef de chantier

Depuis le lancement de l’opération en 2001, Philippe encadre l’équipe de dix hommes qui nettoient les berges de la Seine.


Qui sont les hommes qui nettoient les berges de la Seine ?
Les personnes qui intègrent notre équipe sont souvent à distance du monde du travail depuis plusieurs années. Ils retrouvent un emploi et un rôle social et même une certaine reconnaissance. Concrètement, le nettoyage des berges demande beaucoup de courage et des compétences diverses : la manipulation d’engins lors du débroussaillage, la manipulation de charges ou de matières dangereuse. C’est un environnement formateur.
Qu’est-ce qui est motivant dans ce travail ?
On travaille au grand air, en équipe et au contact avec la nature, souvent dans de très beaux paysages. Ce qui est toujours encourageant pour nous, c’est d’observer le chemin parcouru et l’évolution des berges. On réalise très bien que le travail effectué en amont soulage l’aval et que peu à peu les berges se « dégraissent ». Le côté recherche est intéressant… Nous appuyons notre action sur l’observation des déchets, leur dynamique dans un fleuve soumis aux marées. C’est un travail de connaissance et de compréhension du fleuve. Progressivement nous avons envisagé des solutions pour piéger les déchets lors des grandes marées. Peu à peu, nous ajustons des solutions et expérimentons des idées nouvelles… C’est souvent passionnant.
Au contraire, qu’est-ce qui est le plus difficile ?
Ramasser c’est sans fin… Heureusement, la force de l’équipe permet de ne pas se démotiver, même en hiver, même sous la pluie. C’est un travail pénible, à même le sol, et parfois la météo n’est pas de notre côté. Et puis, il y a des comportements décourageants… mais généralement, les riverains apprécient et respectent notre travail.
Quand l’opération de nettoyage des berges sera-t-elle terminée ?
Il y a un gros passif, puisqu’un tiers seulement des déchets identifiés a pu être ramassé, ce sont des déchets très anciens et il y a encore des années de travail ! Mais les comportements changent. L’éducation à l’environnement, c’est comme l’éducation à l’hygiène au 20ème, il faudra sans doute encore un peu de temps.

En faire des tonnes
Sur le terrain, une équipe de 10 hommes, dans le cadre de Contrats Emploi Solidarité, débroussaillent, ramassent, trient les déchets en vue de leur élimination ou leur recyclage. Leurs méthodes de travail sont issues de l’expérience et de l’observation du fleuve : revitalisation des berges, construction de pièges à déchets, manipulation d’objets dangereux. Ces hommes du fleuve ont expérimenté des solutions et éprouvé des méthodes, pourtant, le ramassage manuel des déchets reste un travail pénible, dangereux et sans fin si les comportements n’évoluent pas.

Un inventaire peu poétique


4000 tonnes de déchets
évacuées entre mars 2001
et mars 2006 dont :


bois flottés : 3225 tonnes
bois pour le chauffage :
444 tonnes
déchets plastiques et papiers :
138 tonnes
seringues et médicaments :
6000
verre : 10,5 tonnes
ferraille : 26,3 tonnes
roues de voitures : 217
aérosols : 2746
extincteurs : 41
filtres à huile : 54
bouteilles de gaz : 12
pots de peinture : 128
huile de vidange : 350 litres


Le piège à déchets d'Hérouville